Un article intéressant vient d’être publié sur le site du Monde. Il s’agit d’une interview de Maurice et Alain Lévy. Respectivement présidents de Publicis et de Weborama.
Un article intitulé Pub, Médias, Internet : le grand chambardement.
Si il est surtout question au début de comparaison entre presse écrite et nouveaux médias, on en vient rapidement à la question de la publicité et du marketing et des impacts sociaux, par le biais de cette question :
Comment les métiers de la pub vont-ils évoluer avec les nouvelles technologies ?
A. L. : [...] Dès qu’il y a un clic, il s’imprime sur l’écran. Pour un annonceur, cet outil est grisant : un clic, et le chiffre d’affaires s’implémente. On n’a pas besoin d’attendre le verdict des hommes de l’art. C’est là que mon père et moi avons un désaccord. Je pense qu’à terme les plus gros annonceurs vont vouloir maîtriser tout ce processus. Du coup, le métier de l’agence va se retrouver cantonné à l’aspect créatif, qui sera d’ailleurs très important puisque nous allons vers un modèle : une personne, un comportement, une “créa”. La technologie va s’en mêler, donc Google va entrer sur ce marché.
La phrase “Une personne, un comportement, une créa” ouvre une perspective aussi intéressante qu’ angoissante.
Imaginez une pub destinée à chacun d’entre nous.
En connaissant les attentes de chacun, les annonceurs cibleraient directement vos attentes en créant une pub qui VOUS ressemble.
Le but de ce genre de communication reviendrait à faire des frappes chirurgicales plutôt que des campagnes de masses.
En se renseignant un maximum sur vos goûts, vos envies (par le biais du tracking), les annonceurs seraient à même de vous orienter vos choix.
Comment ?
Voici un exemple récent.
Google a racheté DoubleClick en Mars 2008, faisant du groupe une machine de guerre. Google est le leader des moteurs de recherches sur Internet, et DoubleClick l’expert du marketing digital (Bannières, etc…).
Quoi de plus simples dès lors pour Google grâce à ses statistiques d’implenter les bonnes bannières aux bons endroits !!!
La publicité ne devra donc plus faire de pertes. Les objectifs seront de rentabiliser le produit au maximum.
Par le biais aussi de Buzz marketing.
Qu’on se le dise, le net augure la naissance d’une publicité active, pour ne pas dire aggressive (bien qu’elle l’était déjà hors de la toile).
Une publicité de technocrates et non plus d’artistes.
Quid donc de la forme ?
De mon point de vue (qui n’engage que moi d’ailleurs), je suis persuadé que nous plongeons dans une uniformisation massive.
Les formes, les couleurs et les thèmes “vendeurs” seront adaptés en série à différentes pubs. Rendant le paysage terriblement morne.
Ce qui est intéressant, c’est de constater que ce qui arrive avec Internet a déjà eu lieu lors du boom de l’industrie : production de masse, en série, dans l’optique de vendre.
La suite est connue.
Mais ne crions pas au loup tout de suite, contentons nous de veiller.